Le Gala IT One 2015, qui s'est déroulé ce 1er décembre à l'Alvisse Parc Hotel de Luxembourg, a atteint un nouveau record de participation en réunissant, autour du thème intriguant "Le Côté Obscur de la Force du Big Data", plus de 1.000 membres de la communauté ICT luxembourgeoise. Au programme de cette édition: une intervention d'Yves Caseau, Head of Digital and Innovation d'AXA Group, une conférence de Luc de Brabandère, mathématicien, philosophe d’entreprise et Senior Advisor auprès du Boston Consulting Group, l'incontournable ICT Networking Cocktail, et le Luxembourg ICT Awards Dinner au cours duquel ont été décernés les 14 awards proposés au vote du jury.

 

Ce sont Kamel Amroune, Managing Director d'IT One et Olivier Vansteelandt, CIO d'AXA Luxembourg et "CIO of the Year 2014" qui ont accueilli les participants à la 9ème édition du Gala IT One.

 

Big Data, Big Brother. Pour le meilleur et pour le pire

"Big Data, Big Brother,... Pourquoi ce thème?" s'est interrogé Olivier Vansteelandt en guise d'introduction à son discours d'ouverture du plus important rendez-vous de l'année pour les leaders ICT de la place. "Parce que j'ai l’intime conviction qu'il ne s'agit plus d'un débat technique" mais bien "d'un enjeu de société qu’il faut encadrer", a-t-il affirmé. En effet, si le sujet est  porteur d'espoir (dans le domaine de la santé par exemple), il ne manque pas de susciter des inquiétudes, notamment en matière de respect de la vie privée, de propriété des données et de sécurité personnelle.

 

L'encadrement légal et éthique que le CIO d'AXA Luxembourg appelle de ses vœux viendra sans doute des états, éventuellement des entreprises, vraisemblablement de mouvements citoyens. Quoi qu'il en soit, Olivier Vansteelandt estime qu'aborder le côté obscur de la force du Big Data donne du sens à son métier. "Cela a du sens d’apprendre à mes enfants que les Technologies de l'Information sont des outils fantastiques quand elles sont bien utilisées, cela a du sens de vous rappeler les responsabilités que vous devrez assumer, vous, professionnels de l’IT, quand vous ferez face aux choix qui ne manqueront pas de se poser à vous", a-t-il conclut.

 

Un changement de paradigme peut en cacher un autre

Outre ses fonctions à la tête du Digital et de l'Innovation du groupeAXA, Yves Caseau est membre de l'Académie des Technologies, un établissement public dont la mission est de conduire des réflexions sur les questions relatives aux technologies et à leur interaction avec la société. Il ressort des études menées par le think tank français que la rupture avec la manière dont nous avons travaillé jusqu'ici ne se trouve pas là où on le croit.

 

Les rapports consacrés jusqu'ici au phénomène Big Data étaient d'un optimisme quelque peu béat quant aux perspectives ouvertes par l'exploitation de volumes massifs de données. "Mais en réalité", a expliqué Yves Caseau, "le Big Data fait la même chose" que les technologies qui l'ont précédé, mais "plus simplement et plus rapidement". C'est ainsi que les outils et les techniques du Big Data permettent de réinventer des métiers, à travers une véritable révolution dans les coûts et dans la vitesse d'adaptation. Ce que s'emploient à créer les géants du Web n'est rien d'autre que cela: "refaire des fondamentaux d'hier des classiques d'aujourd'hui".

 

Le Big Data peut découvrir mais ne peut pas inventer

L’approche philosophique adoptée par Luc de Brabandère lors du 9ème Gala IT One, tord le cou à l'idée que le Big Data en viendra un jour, à "penser" pour nous. Si le Big Data peut parfois aider à découvrir, il servira très peu à inventer: face à l’incertitude, à la remise en question des règles établies, il faut se préparer et le Big Data peut y aider. Dès lors, comment penser de manière créative à l'heure des méga-données?

 

Pour y voir plus clair, Luc de Brabandère a esquissé un retour aux sources des découvertes scientifiques et a convoqué Kepler, Pacioli, Champollion, Quetelet, Darwin et Mendel. Tous ces savants, concrètement, ont fait face à un Big Data, mais surtout à une même question: quelle est l'idée (le concept, la pensée,…) cachée, nécessaire ou utile, derrière cette masse d'informations? "Penser", a rappelé Luc de Brabandère, "consiste essentiellement à simplifier le monde et à utiliser ensuite cette simplification". Selon le philosophe, il existe deux types de pensée: la déduction, qui est accessible au Big Data mais qui est au cœur de la crise que traversent nos sociétés, et l'induction, éminemment humaine et que les méga-données ne pourront jamais assumer complètement.

 

Le Big Data, donc, pourra aider à découvrir, c'est-à-dire à trouver ce qui est caché, mais il ne pourra jamais inventer, "c'est-à-dire trouver ce qui n'est 'e part". Le Big Data sera très utile aux entreprises. Ce sera néanmoins la créativité des humains qui le mettront en place  – seuls capables de sortir du système - qui fera la différence entre "mieux de la même chose" ou "autre chose". Autrement dit, entre les perdants et les gagnants.

 

Luxembourg ICT Awards 2015

A l'issue du Networking Cocktail qui a suivi les conférences, le gala a connu son point culminant avec l'attribution des 9èmes Luxembourg ICT Awards, au cours d'un dîner réunissant près de 800 professionnels du secteur. C'est Daniel Mathieu, CIO de Ferrero International, qui a reçu le CIO of the Year Award.

 

Michaël Renotte

 


Publié le 02 décembre 2015