Le 10 mai dernier, plus de 250 étudiants européens s'étaient donné rendez-vous au Luxembourg pour la deuxième édition de la Morpheus Cup. Parmi eux, les membres de la Team Homelife ont particulièrement retenu l'attention du jury, en remportant le challenge FinTech, se sont vus décerner le prix du meilleur projet dans la catégorie Healthcare, pour finalement être couronnés vainqueurs de cette Morpheus Cup 2016. Les trois étudiants de HEC Paris, Olivier Fournier, Stéphane Vukovic et Hélène Gautier, reviennent sur cette compétition unique en Europe.
Pourquoi avoir fait la démarche de vous rendre au Luxembourg pour cette seconde édition de la Morpheus Cup ?
Nous avons entendu parler de la Morpheus Cup via un email de notre Ecole. Nous sommes tous trois assez friands de challenges et aimons réfléchir à des problématiques dans le domaine de l’innovation, encore plus lorsqu’elles nous sont données par des entreprises. De plus nous souhaitions partager notre projet de santé connectée et la Morpheus Cup nous en offrait également la possibilité avec l’opportunité de parler à des experts de différents domaines. Enfin c’était également une opportunité de représenter HEC Paris à cette compétition européenne inter-écoles.
Vous avez remporté la catégorie FinTech, challenge proposé par ING Luxembourg. Comment avez-vous abordé cette épreuve ? Et quelles furent vos conclusions ?
L’épreuve consistait à réfléchir aux innovations que peut proposer ING Luxembourg dans son métier de banque de détail (retail banking). Les transformations digitales récentes ont un impact très fort sur le secteur bancaire et peuvent constituer un véritable facteur de différenciation et d’accélération de croissance. Nous avons donc esquissé, dans le temps qui nous était accordé, quelques axes d’innovation technologique pouvant transformer les produits de la banque de détail traditionnelle (comptes bancaires, cartes et prêts). Nos solutions s’efforçaient de répondre à la nécessité de proposer des produits personnalisés aux clients (suivi des dépenses, gestion de portefeuille d’investissements automatisée) et à l’utilisation de solutions d’algorithme prédictif et de clustering pour mieux déterminer les profils risque des clients.
Vous repartez également de Luxembourg avec le trophée du meilleur projet Healthcare. Pouvez-vous nous expliquer votre démarche ?
Comme évoqué précédemment, nous souhaitions parler de ce projet qui nous tient à cœur. Ce projet nous a été initialement proposé par les Hôpitaux de Paris (APHP) et consiste en une solution de suivi médical à domicile pour les patients ayant subi une greffe pulmonaire. Un objet connecté prend les mesures quotidiennes nécessaires au suivi (température corporelle, volume expiratoire, etc.) et les transmet au personnel médical qui reçoit une alerte en cas d’anomalie. Notre but est de faciliter la vie des patients et des médecins, en améliorant le diagnostic. C’est un projet prometteur que nous aimerions voir continuer. Nous sommes ravis de constater que le projet a aussi parlé au jury.
Quelle fut votre réaction lorsque le nom de votre équipe a été prononcé par le jury international, présidé par Dr. Philippe Pouletty, lui-même professionnel de la santé ?
Nous avons ressenti une immense joie et une certaine surprise car nous étions en compétition avec d’autres projets très intéressants et prometteurs, venant d’universités prestigieuses. Ce fut un véritable honneur de nous voir remettre ce prix de la main des experts composant le jury et notamment du Dr. Philippe Pouletty qui est un grand nom de la médecine, à la fois chercheur et investisseur. Il a également pu nous glisser quelques conseils, notamment sur les données que nous mesurons, ce que nous avons beaucoup apprécié.
Quelle est la place de l'innovation et de l'entreprenariat dans la formation que vous suivez actuellement ?
A HEC Paris, nous suivons tous trois la formation de dernière année Majeure Digital. Cette dernière nous permet d’acquérir des connaissances poussées dans le domaine de l’innovation et de la transformation digitale des entreprises. Nous sommes sensibilisés à des sujets comme le Big Data ou l’Internet des Objets. Selon la politique du learning by doing, l’année est ponctuée de challenges proposés par des entreprises comme Leroy Merlin ou Coca-Cola par exemple, où nous sommes amenés à résoudre par équipe des problématiques digitales liées à leurs enjeux. Cela nous permet d’acquérir une bonne aisance orale et de bonnes compétences sur l’art du pitch, tous deux nécessaires pour convaincre d’un projet de startup. La track Digital Manager proposée en fin d’année permet également de se confronter pendant 2 mois à des problématiques d’innovation au sein d’entreprises que ce soient des PME, des fonds d’investissements, des groupes du CAC ou des cabinets de conseil.
Avez-vous pu nouer des liens avec des employeurs au Luxembourg ? Quel est selon vous l'attrait principal du Grand-Duché ?
Nous avons eu l’occasion d’échanger avec les différentes entreprises présentes pour la MorpheusCup, dont Vodafone qui sponsorisait le challenge procurement et ING qui sponsorisait le challenge FinTech de l’après-midi. Il était intéressant d’apprendre les nombreuses opportunités, en termes de stages et d’emplois, qu’offrent des grands groupes au Luxembourg. Le Grand-Duché attire par la présence de ces grands groupes internationaux, son grand potentiel de croissance, et par la qualité de vie qu’il offre.
Que retiendrez-vous de votre expérience MorpheusCup ?
Nous retiendrons les nombreuses rencontres que nous avons pu faire avec les experts et entreprises présentes, ainsi les encouragements que nous avons reçus à propos de notre projet. Enfin, nous ne sommes pas prêts d’oublier l’ambiance de l’événement ainsi que l’adrénaline qu’une telle compétition procure !
Propos recueillis par Alexandre Keilmann - @Alex_Klmnn
Publié le 02 juin 2016


