Le 24 novembre, plus de 600 professionnels MarCom s'étaient donné rendez-vous au Kinneksbond à Mamer, pour une 8ème édition du Gala Marketers haute en couleur. Cette année, les organisateurs avaient décidé de plonger dans la thématique: Sex, Com' & Rock'n'Roll. Les participants à l'événement en ont pris plein les yeux: cérémonie de remise des Luxembourg Marketing & Communication Awards, networking cocktail, et comme le veut la tradition, échanges et partages de bonnes pratiques grâce aux experts présents. Un show rarement vu à Luxembourg !

Avec son "préamb(o)ule", Fabien Amoretti, CEO de Farvest Group, a ouvert cette 8ème édition et a partagé avec les participants les fruits de sa recherche "théorie marketing du sexe" sur Google…Entre marketing direct, publicité, télémarketing, RP, pouvoir de la marque…et réalité, il a relaté les aventures de "Mike". "Le sexe, la com" et le Rock'n'Roll sont des choses que l’on partage, et qui très souvent s’entremêlent. Femmes et Hommes. Mais aussi, Femme et Femme, Homme et Homme, Femme et Robot, Homme Femme robot Homme et re-Femme. Cette liste n’étant limitée que par votre créativité, votre culture, vos valeurs, et bien sûr votre fidélité - qui est également un enjeu de marque" a ajouté Fabien, avant de présenter à l'audience des campagnes de communication autour du sexe, passant d'une publicité de Pearl Tobacco datant de 1871, à Renault ou encore à une mise en scène pour convaincre son futur employeur. Et même si des chercheurs d'Ohio University ont prouvé que mettre en scène une femme dans une posture lascive dans une publicité cannibalise le produit vendu, le sexe, la com' et le Rock'n'Roll continueront à s'entremêler.

 

Challenges MarCom 2017

Antoniya Argirova et Marine Perrotey d’Amnesty International ont ensuite pris la parole pour évoquer les challenges MarCom de l'association dont les principales missions sont de promouvoir les droits humains, prévenir les graves atteintes à ces droits humains, et enfin de défendre les victimes de ces violations. "Les éléments clés de notre stratégie de communication ? L'importance de planifier d'un côté et rester réactifs à l'actualité, avoir une communication centrée sur l'action ou encore le renforcement de notre expertise en matière digitale" souligne Antoniya qui ajoute que l'association va continuer à investir dans les outils digitaux avec un nouveau système intégré : site internet, blog, mass-mailing et bases de données. Marine Perrotey a quant à elle abordé l'indépendance financière de l'association, assurée par la dépendance à ses membres et donateurs. "Nous travaillons également le développement du voyage donateur, et donc la gratification émotionnelle" explique Marine. Cela est possible grâce à une approche cross-canal, qui peut notamment débuter sur Facebook, mais le papier a toujours son importance. "Il existe cependant une dichotomie militantisme/marketing qui existe toujours et qui retarde la légitimation et l’utilisation des nouvelles techniques, et qui ne favorise pas les investissements à long terme, la recherche et l’innovation" a conclu Marine Perrotey.

Laurent Meiers, Head of Marketing, Banque Degroof-Petercam Luxembourg, a ensuite donné un speech intitulé "Disruption in the fast way", débutant sa présentation en comparant les tablettes vieilles de 3 siècles et les tablettes mobiles… "Aujourd’hui ce n’est plus en 300 ans mais en 10 ans que les révolutions se font. Et c’est bien cette révolution éclaire à laquelle le banquier privé est appelé à répondre" ajoute Laurent Meiers avant de préciser également que "la banque privée n'aime pas communiquer: dans notre métier la réputation et la discrétion sont parfois plus importantes que la notoriété". Mais avec l'avènement d'internet, les banquiers privés ont également du rapidement comprendre le web et ainsi revisiter des outils restés un peu trop traditionnels, comme le confie Laurent Meiers. "Les nouvelles générations ont de nouveaux besoins, ils sont dans l'immédiateté, et ne donnent pas droit à l'erreur et ni à l'imprécision. Mais nos objectifs restent les mêmes : construire rapidement notre notoriété, transformer des prospects en clients, et bien sûr, retenir les clients déjà existants". Pour répondre à ces besoins, Laurent Meiers et ses équipes ont procédé en 5 étapes : une accélération numérique permettant d'avoir accès n'importe où et à n'importe quelle heure, une stratégie multicanale, de nouveaux outils digitaux à utiliser en interne, l'optimisation de l'expérience client et une perturbation digitale qui permettra de lancer de nouvelles initiatives. La banque privée connait également sa révolution numérique.

Cette première session s'est terminée avec la vidéo présentant les nombreuses opportunités qu'offre le European Convention Center Luxembourg, ou ECCL : "Image your next event in Luxembourg".

Dorcel : entre luxe et innovation

Après le break, et un show de pole dance avec des danseuses du Saumur Crystal Club, les organisateurs ont accueilli Ghislain Faribeault, VP Media, au sein de la société de production de films pour adultes, Marc Dorcel. "En France, 35% de la bande passante Internet est utilisée pour du contenu X, relaxez-vous, ce n'est pas grave" a débuté le VP Media, avant de revenir sur les différentes idées reçues concernant les personnes qui travaillent dans le X: "Non, nos afterworks ne se déroulent pas dans des clubs échangistes. Non, l’hôtesse d’accueil n’est pas une ancienne actrice. Et non, dans le porno, ce n’est pas facile de faire des $". La consommation a bien changé depuis la création des premières revues: désormais, 95% de la consommation se fait sur des sites pirates. Les maisons de productions se doivent donc de veiller, innover et développer de nouveaux concepts, et les activités de Dorcel sont nombreuses : DVD, VOD, magazines, boutiques, licences, etc. En ce qui concerne sa communication, Marc Dorcel dépense 0€ en pub et préfère faire parler de lui avec son service client impeccable, par ses contenus premiums et innovants, via les réseaux sociaux et en s'inspirant de l'actualité. "Notre ton est piquant, drôle, déculpabilisant et élégant. Il doit être partageable par tous" souligne Ghislain Faribeault.  Il a alors notamment cité les exemples autour de "Story of Laly" l'ancienne star de téléréalité reconvertie dans le porno et dont le film très attendu avait été piraté suite à une vidéo de teasing : il s'agit du film le plus vendu par Dorcel et les retombées médiatiques ont été énormes. En ce qui concerne l'innovation, Dorcel a produit il y a quelques années le premier film crowdfunding adulte : 95 000€ ont été récoltés en 78h, pulvérisant les records précédents. En 2010, puis en 2015, la marque réalise ses premiers films en 3D, puis en VR : de nombreux médias ont rapidement relayé l'information. Les réseaux sociaux sont également le terrain de jeu favori de Dorcel et notamment de Ghislain : "Nous avons créé une proximité avec nos fans grâce aux réseaux sociaux. Mais obtenir la certification fut compliqué et nous avions même été bannis de Facebook…Nous sollicitions très régulièrement les internautes pour avoir leur avis, engageons avec la communauté, échangeons de manière humoristique avec de nombreuses marques". La transparence est également un aspect important : Dorcel partage des données sur l’entreprise ou l'impact des campagnes. Communiquer des chiffres régulièrement renforce le lien avec les internautes à travers des preuves de transparence qui permettent de mieux connaître la société, ses enjeux et ses activités. Fermeture de Megaupload, cirse grecque, Dakar, matchs de foot : le Newsjacking fonctionne également à merveille pour Dorcel. "Actu + Humour + Sexy = Buzz" a conclu Ghislain Faribeault.

 

Rock'n'Com attitude

Le dernier intervenant de cette 8ème édition du Gala Marketers n'était autre que Thierry Reboul, fondateur de l'agence événementielle française Ubi Bene. "Notre métier est de faire parler des marques pour lesquelles nous travaillons : nous devons prendre des risques. Il n'est pas nécessaire d'être dans des schémas classiques pour faire correctement notre job" a débuté Thierry Reboul, qui pense ainsi que cette obligation de créer une mémoire se fait par la prise de risques, notamment depuis que les réseaux sociaux existent. Il a par la suite partagé plusieurs exemples d'événements de disruption, mot qu'il affectionne tout particulièrement. "Pour Nike, lorsque Tony Parker a remporté son premier titre de champion NBA, nous avons mis son maillot sur la petite Statue de la liberté à Paris…ce qui a valu deux jours de prison à votre serviteur" plaisante Thierry, qui poursuit : "C'était le début de notre aventure. Pour Adidas, l'agence a détruit le fameux bus de Knysna, l'histoire d'un bus dont plus personne ne voulait entendre parler. La chute est plus visible que l'ascension". Le fondateur de l'agence a également narré la création pour MTV d'une soirée d'anniversaire à contrepied : personne n'a su ce qui s'est passé à l'intérieur et les participants ne pourront jamais le communiquer, histoire de laisser le fantasme agir et se développer… Ubi Bene compte également Airbnb parmi ses clients et a mis en place le plus grand coup médiatique de la marque avec plus de 1 000 retombés presse dans le monde : un underwater bedroom avec des requins. Mais dans l'événementiel, il faut de la chance comme le rappelle Thierry Reboul : "pour la sortie du film Exodus, nous avons créé un pont sur le canal de la Villette. Le jour précédant la structure ne tenait pas à cause des conditions météorologiques". Les campagnes Perrier dans le métro parisien, avec la participation de Thierry Marx qui sert un repas gastro aux voyageurs, ou l'affichage des lettres MARSEILLE pour promouvoir la série de Netflix sont également les fruits de l'imagination de Thierry Reboul et ses équipes. Com', Disruption et Rock'n'Roll : ces termes  lui conviennent parfaitement.

 

Merci aux participants et aux partenaires qui ont contribué à la réussite de cette édition spéciale Sex, Com' & Rock'n'Roll : Innovalux, Kékette, Visual Communication, Composition, Folie Royale, ABC Location, Poll-Fabaire, Domaines Vinsmoselle, Smart, Utopia, Saumur Crystal Club, Agence Mescudi, Moutarderie de Luxembourg, Groupe GET, Agefi, Ceremony Guide, Les frontaliers, Diekirch, Photobooth.lu, Orangina Schweppes, Plymouth Gin, Jamendo Licensing, MGS, Perrier, Apex, Le Grand-Duché de Luxembourg, Lux-Congrès, Office Freylinger, PLG, Blügle, Active Me, Kaempff-Kohler, BEAST, Chronicle.lu, Entreprises Magazine, Luxembourg Féminin, Urban BEAST.

 

Alexandre Keilmann

Crédits photos: Dominique Gaul


Publié le 25 novembre 2016