"Big Data, Big Brother,... Pourquoi avoir choisi ce thème?" s'est interrogé Olivier Vansteelandt, CIO d'AXA Luxembourg et "CIO of the Year 2014", en guise d'introduction à son discours d'ouverture du Gala IT One 2015 qui s'est déroulé ce 1er décembre à l'Alvisse Parc Hotel de Luxembourg. "Parce que j'ai l’intime conviction qu'il ne s'agit plus d'un débat technique" mais bien "d'un enjeu de société qu’il faut encadrer", a-t-il affirmé.

 

En effet, si le sujet est  porteur d'espoir (dans le domaine de la santé par exemple), il ne manque pas de susciter des inquiétudes, notamment en matière de respect de la vie privée, de propriété des données et de sécurité personnelle, comme l'affaire Ashley Madison la récemment illustré.

 

Facebook a ainsi déposé un brevet qui permettrait aux banques de compulser les contacts d'un client afin d'en déduire sa capacité à rembourser un crédit. Au Pays-Bas, la banque ING a récemment essuyé une volée de critiques après avoir annoncé vouloir partager les données de ses clients avec des entreprises tierces - comme des chaînes de supermarchés - afin de leur permettre de mieux cibler les consommateurs. Et tout cela sans compter la publication sur les réseaux sociaux d'annonces pour le moins inopportunes touchant au cœur de nos vies privées (naissances à venir, deuils) et concoctées par des algorithmes dénués – par définition – de toute humanité.

 

"Plus grandes sont les quantités de données personnelles disponibles, plus on peut en tirer d'informations", a rappelé Olivier Vansteelandt. En fait, avec suffisamment de données, il est même possible de mettre au jour des informations sur l'avenir d'une personne. Des chercheurs américains ont ainsi démontré qu'ils pouvaient prédire l'endroit approximatif où se trouverait une personne 80 semaines à l'avance, et ce avec une précision de plus de 80%!

 

L'encadrement légal et éthique que le CIO d'AXA Luxembourg appelle de ses vœux viendra sans doute des états, éventuellement des entreprises, vraisemblablement de mouvements citoyens. Quoi qu'il en soit, Olivier Vansteelandt estime qu'aborder le côté obscur de la force du Big Data donne du sens à son métier. "Cela a du sens pour moi d’apprendre à mes enfants que les Technologies de l'Information sont des outils fantastiques quand elles sont bien utilisées, cela a du sens de vous rappeler les responsabilités que vous devrez assumer, vous, professionnels de l’IT, quand vous ferez face aux choix qui ne manqueront pas de se poser à vous", a-t-il conclut.

 

Michaël Renotte


Publié le 09 décembre 2015