Aujourd'hui, dans le monde du marketing et de la communication, de nombreuses problématiques ont évolué et demandent une attention et une réflexion particulière. Pouvez-vous nous expliquer en quoi SAS Institute répond à ces problématiques ? Avant tout, à titre d'introduction, SAS est une société, qui depuis sa création en 1976, s'est toujours concentrée sur un seul métier : celui des logiciels d'analyse, de reporting et d'optimisation. Elle est aujourd'hui performante dans de nombreux domaines dont certainement le marketing. Au travers de notre suite logicielle, nous sommes capables de répondre à de nombreuses attentes et questions (segmentation, rétention, ventes croisées, automatisation, personnalisation). L'informatique décisionnelle et analytique que nous pratiquons commence toujours par la collecte d'informations sous différentes formes et aujourd'hui via de plus en plus de canaux (non seulement les informations disponibles en interne mais aussi via le web, les réseaux sociaux...). Nous mettons ensuite nos moteurs « intelligents » en action afin de couvrir le cercle vertueux « compréhension et connaissance du client - interactions personnalisées et optimisées - capture et historisation des résultats des démarches en multicanal - enrichissement de la connaissance... » . Toutes ces informations sont stockées et peuvent ensuite être analysées et ré-exploitées à différentes fins : analyse du comportement des consommateurs, définition de scores d'appétence lors du lancement d'un nouveau produit, gestion automatisée des ciblages lors de nouvelles campagnes marketing, optimisation des taux de réponses pour un coût minimum, etc. ». Tout ceci est mis en place dans l'optique de simplifier et d'améliorer les performances des services marketing qui doivent en permanence pouvoir démontrer le bien-fondé de leurs actions et de leurs investissements. Nous travaillons également beaucoup sur les thèmes des prévisions (« forecasting » en anglais) pour mieux comprendre les tendances, les saisonnalités et les paramètres externes qui influencent les ventes et ensuite mieux prédire les quantités auxquelles s'attendre. Les médias sociaux encore sous-exploités selon SAS et en particulier l'observatoire SAS-IDC, mais quels sont les grands enseignements de cette étude ? Les directions marketing et communication ont pleinement conscience du caractère durable du phénomène des réseaux sociaux. Non seulement ils prennent de plus en plus d'essor mais en plus, ils deviennent de vraies mines d'or d'information qu'un marketer aurait tord de ne pas exploiter. Les directions ont lancé de nombreuses initiatives mais n'investissent encore que de façon limitée. Ces investissements vont connaître un accroissement significatif d'ici mi-2012. Les médias sociaux sont clairement identifiés comme un canal à intégrer dans les stratégies multicanaux. L'intégration avec les autres canaux digitaux est considérée comme prioritaire. L'importance d'une intégration avec les canaux physiques est également mise en avant.

Un client peu ou pas rentable par lui-même peut être par ailleurs un influenceur important auprès de clients très rentables. Il existe de nombreux phénomènes de ce type qui ont du vous amener à repenser vos solutions depuis l'ère des réseaux sociaux... 

En effet, les réseaux sociaux révèlent des éléments clés liés aux cercles d'influence, encore inexploités par la majorité des entreprises. SAS a développé des solutions qui intègrent ces nouvelles données sur les clients et mettent en avant l'importance des réseaux. En visualisant ces derniers, les professionnels du marketing peuvent comprendre leur fonctionnement plus facilement et mieux identifier les cibles. La solution révèle les leaders, leurs amis et les amis de leurs amis au sein des réseaux et permet ainsi de comprendre les schémas qui influencent les clients au sein des communautés virtuelles. Les variables obtenues sur base de ces rôles permettent d'affiner la segmentation et de concevoir des campagnes marketing plus pertinentes et mieux ciblées. Cela augmente la rentabilité des campagnes en exploitant la force multiplicatrice des « influences » au sein des communautés. 

Comment SAS peut aider les directeurs marketing à appréhender ce phénomène ? Est-ce le rôle de Sentiment Analysis ? 

Le « Sentiment Analysis » ou « Analyse des Sentiments » est complémentaire à l'analyse des réseaux. L'analyse des sentiments consiste à agréger les opinions des foules sur une marque, un produit, une initiative en exploitant tous les textes échangés sur des blogs, forums et autres systèmes de chat. Cela complète l'analyse plus détaillée des communautés qui elle permet de comprendre les comportements des différents acteurs (influenceurs et influencés). En analysant les sources publiées sur le web et les médias sociaux, les experts marketing vont disposer d'informations assez riches sur le comportement et les opinions de leurs segments cibles et déterminer les facteurs influant positivement ou négativement l'image et la réputation de la marque. Notre logiciel de « Sentiment Analysis » travaille sur base de la technique du texte mining et permet de dégager une vue intéressante des opinions, positives ou négatives, et cela dans toute une série de langues.

Le rachat d'Assetlink le mois dernier vous donne le leadership en matière d'IMM. Sur quoi se base l'analyse du Gartner pour prétendre que les retours sur investissement marketing sont supérieurs de 50% dans les entreprises élaborant des stratégies de marketing intégrées ? 

Je parlais plus haut d'un cercle vertueux « données - connaissance - exploitation - mesure ». Derrière toutes les activités marketing, il y a des personnes, des systèmes, des budgets, des contraintes et des objectifs. L'IMM (Integrated Marketing Management) est un concept formulé pour la première fois par Gartner, désignant une stratégie d'intégration des ressources humaines, des processus et des technologies qui devient prédominant dans la gestion des activités marketing. Il englobe la connaissance clients à travers les solutions de data-mining, la gestion des campagnes qu'elles soient relationnelles, événementielles ou interactives, le e-marketing et bien sûr la gestion des processus et des ressources sur chacune de ces étapes avec un pilotage complet sur l'ensemble (ce qui est rare et complexe). Les bénéfices d'une telle plateforme seront mesurables en termes d'intégration, de centralisation de l'information, de cohérence technologique, d'alignement fonctionnel et de pilotage transverse. Dans « Assetlink », on combine le planning, le suivi des tâches opérationnelles et les calculs du ROMI (Return On Marketing Investment). L'impact des coûts supplémentaires est par exemple directement visible sur le ROMI des campagnes, nous faisons des comparaisons entre l'objectif et le réalisé, etc.


Publié le 03 mai 2011