Cette semaine, Olivier Mores, Président de la commission luxembourgeoise pour l’éthique en publicité (CLEP), répond aux questions de Marketers. Il nous dévoile tout sur les missions et les prochains objectifs de ce comité qui régit la vie publicitaire luxembourgeoise.

 

M. Mores, vous avez récemment été nommé président de la Commission luxembourgeoise pour l’éthique en publicité (CLEP), pouvez-vous nous expliquer quelles sont les missions et les objectifs de cette commission ?

 

La mission de la CLEP est de faire observer le Code de déontologie qui s’appuie sur les principes généraux du Code de la Chambre de Commerce Internationale. Les principes généraux du Code de déontologie sont la véracité, la loyauté et l’honnêteté, la décence, la responsabilité sociale et environnementale ainsi que le respect de la vie privée. Diverses règles de déontologie spécifiques ont trait à l’enfance, à l’alcool ainsi qu’aux produits de santé, bancaires et d’assurances.

 

Qui nomme les membres de la CLEP ?

 

Les membres de la CLEP sont nommés par le Conseil National de la Publicité du Luxembourg (CPL) pour un mandat de deux ans renouvelable. Pour le reste, la CLEP est entièrement indépendante du CPL. A l’heure actuelle, la CLEP compte 7 membres.

 

Comment la CLEP fonctionne-elle ?

 

La CLEP examine les plaintes qui lui sont adressées par le public, en particulier les consommateurs (à l’exclusion des entreprises et organisations à but commercial). Elle traite également les demandes d’examen préalable à la diffusion de publicités qui peuvent lui être soumises par les annonceurs, agences et média. La CLEP peut aussi se saisir elle-même d’une question d’éthique.

 

Combien y-a-t-il en moyenne, sur un an,  de campagnes publicitaires luxembourgeoises qui ne respectent pas le code de déontologie ?

 

Heureusement, la CLEP n’est saisie que d’une petite poignée de dossiers par an. Certains sont avisés négativement mais pas tous.

 

Quel type de plainte recevez-vous du public ? 

 

Il s’agit souvent de plaintes liées à la discrimination de la femme. Un visuel montre une femme, dans une pose voyeuriste ou dénudée en partie, attirant le regard des consommateurs sur un produit ou un service qui n’a pas de lien direct avec cette femme, par exemple un canapé. Dans ces cas, il n’y a pas de doute : notre avis est négatif et nous invitons l’annonceur à retirer sa publicité.

 

Pour finir, quels sont les défis de la commission luxembourgeoise pour l’éthique en publicité pour l’année 2015 ?

 

Ensemble avec le CPL, nous abordons le domaine de la publicité comportementale en ligne qui pose la question cruciale de l’utilisation par un nombre croissant d’annonceurs des données personnelles que les internautes laissent sur Internet en y surfant. Par ailleurs, nous sommes de plus en plus confrontés à des plaintes transfrontalières, de l’étranger donc et visant des sociétés multinationales ayant leur siège européen au Luxembourg. Face à cette évolution, ensemble avec les autorités nationales et nos confrères étrangers, nous essayons de voir comment nous pouvons répondre à ce phénomène.

 

(renseignements supplémentaires sur www.clep.lu)


Publié le 11 novembre 2014