Marquée par la mise en place d’une programmation en journée, cette neuvième édition ne dérogera pas à la tradition en signant de nombreuses exclusivités – dont, en clôture, la Première Internationale de THE BEACH BUM (Harmony Korine). Avec pour invités d’honneur ABDERRAHMANE SISSAKO et DARIUS KHONDJI (more to come), cette neuvième édition se distinguera également par la mise en place de séances hommage, un nombre spectaculaire d’avant-premières luxembourgeoises, d’événements professionnels et de collaborations.

Les moments phares

Le plus américain des films chiliens ouvrira le bal cette année : GLORIA BELL, remake de Gloria par son auteur Sebastián Lelio, met en scène une quinquagénaire (Julianne Moore) qui, en quête d’un second souffle amoureux va rencontrer Arnold (John Turturro). Une fable tendre et universelle à l’interprétation magistrale (Kinepolis, 7 mars, reprise le 8 mars). À l’autre bout de la chaîne (Clôture officielle, dimanche 17 mars, Kinepolis) THE BEACH BUM (US), la nouvelle folie d’Harmony Korine dont le précédent Springbreakers avait marqué de son empreinte l’histoire du LuxFilmFest. Véritable « stoner », déclaration d’amour au nihilisme, Matthew McConaughey s’est glissé dans la peau d’un écrivain fantasque et joyeux, Dont la passion pour la drogue, l’alcool et les filles n’a d’égale que la faculté de s’entourer de personnages surprenants (Snoop Dogg, Isla Fisher, Zac Efron…). TEL AVIV ON FIRE (Sameh Zoabi), qui avait fait sa première à Venise, suit les tribulations d’un vraifaux scénariste de soap opera pris entre deux feux dans le conflit israélo-palestinien. Fine, drôle et luxembourgeoise (Samsa Films), cette comédie sera présentée en avant-première à l’occasion de notre traditionnelle cérémonie de remise de prix (16 mars, Kinepolis).

 

La compétition officielle – fiction

Dix œuvres se disputeront, cette année, le GRAND PRIX – by ORANGE, doté de 10 000€. BIRDS OF PASSAGE (PÁJAROS DE VERANO – Colombie, Cristina Gallego, Ciro Guerra) est un « Scarface » tribal et halluciné posé au cœur du trafic de drogue en Colombie. L’actrice Michaela Kurimsky, véritable révélation canadienne dans FIRECRACKERS (Jasmin Mozaffari) viendra défendre ce coming-of-age explosif et féministe. Portrait sans concession d'une famille de freaks anglais sous l’ère Tatcher, RAY & LIZ (UK, Richard Billingham) retrace en trois souvenirs et trois époques différentes un quotidien pour le moins tumultueux. Véritable ovni aux allures de telenovela, ROJO (Argentine, Benjamín Naishtat) est un polar vicieux et tragicomique dans l’Argentine corrompue des années 1970. Autre plongée dans un passé récent : THE ANNOUNCEMENT (ANONS – Turquie, Mahmut Fazıl Coşkun), ou l’histoire délirante d’un putsch raté. THE GROUND BENEATH MY FEET (DER BODEN UNTER DEN FÜSSEN, Autriche, Marie Kreutzer) nous arrivera directement de la Berlinale. Un touchant drame féminin faisant dialoguer sphères familiales et professionnelles, jusqu’au burn-out. En Russie une légende prétend qu’un homme peut tromper la mort en se déguisant en femme. C’est le postulat de départ de THE MAN WHO SURPRISED EVERYONE (Russie, Natasha Merkulova, Aleksey Chupov).

THE REALM (Espagne, Rodrigo Sorogoyen) vient de tout rafler aux Goya. Inspiré de faits réels, ce thriller haletant pose une question très actuelle : jusqu'où un politicien corrompu peut-il aller pour conserver son pouvoir ? Dans THE WAITER (Steve Krikris), des événements inattendus vont bouleverser la vie bien rangée d’un serveur minutieux. Une nouvelle illustration de la vivacité du cinéma grec. Et pour fermer le ban de cette compétition : THE THIRD WIFE. Un conte contemplatif sur l’amour interdit et le prix de la liberté personnelle au XIXe siècle que l’on doit à la réalisatrice vietnamienne Ash Mayfair.

 

La compétition documentaire

Six films seront en lice pour le PRIX DU DOCUMENTAIRE – BY BGL BNP PARIBAS, doté de 5 000€. ANTHROPOCÈNE : L'ÉPOQUE HUMAINE (Canada, Jennifer Baichwal, Nicholas de Pencier, Edward Burtynsky) s’intéresse à l’effrayante consommation de ressources naturelles par l’homme et à ses conséquences. Les habitués du Festival se rappellent de la présidence assurée, il y a quelques années, par Xiaoshuai Wang. Le réalisateur chinois revient avec un impressionnant documentaire constitué de plans fixes, qui mis bout à bout constituent un surprenant CHINESE PORTRAIT. « Parfois, les fantômes les plus terrifiants appartiennent à notre passé » avance GHOSTHUNTER. Le réalisateur Ben Lawrence (Australie) nous présente un homme aux multiples facettes, dont l’activité de chasseur de fantômes pourrait s’avérer très métaphorique. HOME GAMES (Ukraine, Alisa Kovalenko), c’est l’histoire d'une joueuse de football prometteuse, dont le plus grand match pourrait se décider en dehors du terrain. STILL RECORDING (Syrie, Saeed Al Batal & Ghiath Ayoub), où l’autoportrait d'une génération au cœur de la guerre civile en Syrie nous offre un nouveau regard sur les événements. Actuellement montré à la Berlinale pour sa World Premiere, SELFIE (Italie, Agostino Ferrente) n’est pas un film sur la Camorra. C’est l’histoire, autofilmée, de deux meilleurs amis qui n’ont pas choisi de naître dans la banlieue de Naples et n’ont pas l’intention de glisser du côté obscur.

 

En sélection officielle hors compétition

Thrillers, documentaires, slow cinema… Un large éventail vous attend dans les séances horscompétition. CE MAGNIFIQUE GÂTEAU ! (Belgique, Emma De Swaef / Marc James Roels) est un pamphlet mordant sur le colonialisme à la belge en stop-motion. De l’animation pour adultes à ne pas manquer, au même titre que SEDER-MASOCHISM (USA, Nina Paley), une vision féministe et très humoristique du livre de l'Exode à la bande son légendaire, qui vous fera danser sur votre siège. C’EST ÇA L’AMOUR (France), explore Forbach sous l’œil de Claire Burger, révélée avec Party Girl. Un récit tendre et authentique sur une famille que Mario (Bouli Lanners) s’efforce de recomposer. CUTTERHEAD : Et si ce documentaire sur la construction du métro ne se passait pas comme prévu ? Un thriller claustrophobe dont on ne ressort pas indemne (Danemark, Rasmus Kloster Bro, projection réalisée en partenariat avec Huxley). Avec FREE SOLO (USA. Elizabeth Chai Vasarhelyi et Jimmy Chin, film nominé aux Oscars 2019), vivez le plus grand exploit de l'histoire de l'escalade libre sans assurance. Les fans de jump scare sont attendus pour GRETA (Neil Jordan) : une macabre mise à jour du conte « Hansel et Gretel » à l’esthétique héritée des thrillers des années 90. Le LuxFilmFest a ses favoris, au rang desquels Peter Strickland (UK). Il revient cette année avec IN FABRIC, un hommage au giallo décalé et sardonique (en partenariat avec Cinélunatique). À l’opposé géographiquement et formellement : LOS SILENCIOS (Brésil, Beatriz Seigner). La beauté de cette famille qui, fuyant un conflit armé, arrive sur une île peuplée de fantômes, vous emportera. Petit détour du côté du documentaire avec MEETING GORBACHEV (UK). Partez à la rencontre de Mikhaïl Gorbatchev, le dernier président de l’Union soviétique grâce à Werner Herzog et André Singer. SUNSET (László Nemes, Hongrie, France) dépeint la tourmente d’une civilisation à l’aube de la Première Guerre Mondiale à Budapest. TOO LATE TO DIE YOUNG (Chili, Dominga Sotomayor) est un coming-of-age dans le Chili de l’après-Pinochet, auréolé du prix du meilleur réalisateur à Locarno. Et pour finir, un film-événement : VOX LUX. L'ascension d’une pop star (Natalie Portman) dans une Amérique traumatisée par les fusillades et le terrorisme. Un long-métrage au casting spectaculaire (Jude Law, Raffey Cassidy, Stacy Martin, Jennifer Jason Leigh) que l’on doit à l’une des grandes valeurs montantes du moment : Brady Corbet.

 

Made in/with Luxembourg

Une édition exceptionnelle qui atteste, s’il en était encore besoin, de la vitalité de la scène. Cette année, les avant-premières de (co)productions luxembourgeoises vous permettront de découvrir (outre TEL AVIV ON FIRE évoqué précédemment ainsi que FUNAN de Denis Do et INVISIBLE SUE de Markus Dietrich annoncé en janvier avec la programmation jeune public) :

- ANGELO (Autriche, Luxembourg, Markus Schleinzer), film récompensé à plusieurs reprises durant les Prix du Film Autrichien, qui raconte l’histoire d’Angelo Soliman, esclave nigérien devenu mascotte de la cour viennoise au XVIIIe siècle.

- CALIFORNIA DREAMING (Luxembourg, Fabrizio Maltese). Que reste-t-il du rêve américain ? Une immersion dans l’une des plus grandes et méconnues villes californiennes, à la rencontre de ses habitants.

- ESCAPADA (Belgique, Luxembourg, Sarah Hirtt). Une tragicomédie familiale repérée en sélection au Festival International du Film Francophone de Namur : amour et conflits au sein d’une fratrie pour le moins désunie.

- FLATLAND (Afrique du Sud, Luxembourg, Allemagne, Jenna Bass), un western féministe sud-africain qui vient de faire l’ouverture de la section Panorama à la Berlinale.

- PÉITRUSS (Luxembourg, Pays-Bas, Max Jacoby). Dix ans après Dust, Max Jacoby signe une sombre histoire de meurtres qui terrorise la capitale luxembourgeoise et ses faubourgs.

- POUR VIVRE HEUREUX (Belgique, Luxembourg, Salima Sarah Glamine & Dimitri Linder). Un mariage arrangé menace deux jeunes amoureux bruxellois. Le film a notamment remporté 4 prix à Namur, ainsi que le Prix du Public au Festival Cinéma Méditerranéen de Bruxelles.

- TEMBLORES (France, Guatemala, Luxembourg, Jayro Bustamante). Quand l’Église cherche à « soigner » un père de famille de son homosexualité. Déjà sélectionné à Berlin, TEMBLORES sera également montré au Festival de Miami début mars.

- ZERO IMPUNITY (Luxembourg, France, Nicolas Blies / Stéphane Hueber-Blies. Coréalisateur Denis Lambert). Une remise en question de l’impunité totale pour l’utilisation de la violence sexuelle en temps de guerre.

 

Côté courts

Pas moins de 12 courts réalisés par ou avec le Luxembourg s’enchaîneront cette année, pour ce qui constituera un véritable marathon du court. Une soirée déplacée en salle Dolby Atmos afin de découvrir notamment, dans le format dédié, le premier projet luxembourgeois exploitant cette technologie hybride de reproduction du son surround : SEED OF HOPE de Claude Kongs. Le 11 mars à Kinepolis vous pourrez découvrir :

- ALICE (Noah Rosa, Ganaël Dumreicher-Ivanceanu), un Alice aux Pays des Merveilles au 21e siècle.

- ARTICLE 19-42 (Julien Becker), un couple s’aventure en 4x4 en forêt pour sauver ce qui peut l’être.

- THE BITTER WITH THE SWEET une histoire d'amour flirtant avec la folie entre un couple âgé qui essaie, tant bien que mal, de vieillir ensemble. Un film d’Ann Sophie Lindström, photographe luxembourgeoise nommée au World Press Photo.

- COWBOY (Frédéric Zeimet). Un enfant traumatisé trouve refuge auprès d’un ami imaginaire.

- THE FAMILY WHO HID IN THE CELLAR (Ayshea Halliwell). Une comédie noire dystopique qui s'amuse à casser les codes de la bienséance.

- HERE BE DRAGONS (Karolina Markiewicz & Pascal Piron). Un conte contemporain sur le pouvoir, le monde des finances et ses dragons, ainsi que l’enfer.

- LUXVANITY (Lara Mack). Trois amis de lycée se remémorent le temps passé et imaginent leur avenir.

- PORTRAITISTE (Cyrus Neshvad). Un vieux portraitiste désabusé s’apprête à sauter d’un pont.

- SEED OF HOPE (Claude Kongs). Un astronaute se voit obligé de prendre une décision difficile au cours d’une mission spatiale.

- TOI AUSSI ÇA TE CHATOUILLE ? (Lucía Valverde). Une adolescente découvre l’incroyable pouvoir des hormones.

- TOUCH ME (WAS BLEIBT – Eileen Byrne). La lutte d’une femme contre son cancer du sein et pour sa relation (film retenu en finale des Oscars étudiants).

- WALL CALLS (MAUERRUFE – Katharina Bintz). Chaque jour, une femme se rend dans un parc pour dialoguer avec son mari, mais un mur les sépare.

 

Source : Luxembourg Film Festival


Publié le 13 février 2019