A quelques semaines de sa venue au Luxembourg et de sa participation au Gala HR One, Inès Leonarduzzi, analyste experte digitale au sein du Hub Institute et fondatrice de Women Inspiring Talks, revient sur l'apport du numérique qu'elle considère plus comme changement culturelle plus qu'une révolution technologique.

Il s’agit dès lors d’un changement de culture, plus que de management. Quelle est la place du digital et de ses outils qui redéfinissent également la culture d’entreprise ?

C’est le digital qui a induit ce glissement générationnel. On a tendance à penser «outil» quand l’on parle du digital, il faudrait plutôt l’envisager comme une évolution culturelle.

Être «digital minded» ne signifie pas être 12 heures par jour sur ses réseaux sociaux. Cela signifie en avoir les attributs : la capacité à aller vite et être réactif, manier l’horizontalité car aujourd’hui le digital permet à n’importe qui, qu’on soit une adolescente du Ghana ou le PDG d’une grande entreprise, d’accéder aux mêmes connaissances. Le digital a réajusté les clivages sociaux à ce titre, forcé la transparence, le regard critique et notre capacité à être force de proposition. Le digital, donc le virtuel, a déployé notre propension à exister dans le réel. Et ces observations, vous les retrouvez dans les entreprises aujourd’hui.

Les outils sont importants, on travaille toujours mieux bien équipés. Mais ceux-ci doivent faire sens et répondre à un enjeu bien stratégique. Workplace, par exemple, pour encenser les «mad skills» en interne, partager sa veille, lever les silos ou encore lancer des projets transverses. Mais ça ne revêt que peu d’intérêt si l’on explique pas l’enjeu d’un tel outil et si l’on emmène pas les salariés.

 

Vous avez lancé «Women Inspiring Talks», que vous décrivez comme une version 2.0 de vos «Brunch by Ines», comment est née cette idée ?

Brunch by Inès n’a jamais eu vocation à devenir un business model. C’était un pari de copines. Je rêvais d’un salon de thé, d’avoir mes bureaux et un joli appartement. Alors j’ai tout fait dans le même endroit, un lieu pluriel. C’était en 2014. Les brunchs clandestins n’existaient pas et les tables chez l’habitant n’avaient pas encore émergé en France. J’ai veillé à garder mon adresse confidentielle, je voulais un endroit au calme pour mes amis et leurs amis. Puis la presse s’en est emparée, des gens du monde entier venaient et se rencontraient.

Le Women Inspiring Talks a trait à ma profonde attache aux droits des femmes. Ce projet est un peu à la croisée de mes passions : les femmes, les lieux de rencontres et l’incubateur de personnalités en entreprise. C’est un réseau de femmes entrepreneures et intrapreneures avec lesquelles je me retrouve lors de brunchs ou de dîners. L’idée est d’inspirer et d’échanger sur une thématique précise et de les faire se rencontrer entre elles. C’est aussi des weekends «d’incubation de personnalités» dans des châteaux ou d’autres endroits improbables dans le monde où l’on mixe conférences, ateliers, sport, méditation et échanges autour, toujours, d’agapes. Je suis terriblement gourmande, je n’y peux rien !

 

Vous serez présente au Grand-Duché de Luxembourg en novembre prochain pour une nouvelle édition du Gala HR One, en présence de plusieurs centaines de responsables RH locaux. Quels seront les bonnes pratiques que vous souhaitez leur transmettre ?

J’espère avoir la chance d’échanger avec eux. Connaître leurs enjeux et leurs actions déjà menées. Car là est aussi tout le sujet du moment. Beaucoup de DRH lancent des actions, conscients des changements de paradigmes. Mais ces révolutions sont extrêmement lourdes à porter seul. Aussi, le métier de DRH évolue, change de visage. C’est un cap à passer avec eux, et les accompagner. Leur rôle est particulièrement majeur dans l’entreprise et plus que jamais en ces temps où l’agilité émotionnelle est au cœur des sujets.

 

 

Retrouvez la totalité de cette entretien dans BEAST Magazine #8

 

Alexandre Keilmann


Publié le 24 octobre 2017