Connaissant une évolution fulgurante grâce aux prouesses techniques réalisées par les géants de l’industrie tels qu’Apple, Samsung, Huawei et maintenant Google – avec des capteurs atteignant désormais les 40 mégapixels – les smartphones proposent aujourd’hui un équipement photographique digne d’un appareil reflex moderne. De là à considérer la photographie mobile comme une discipline artistique à part entière ?

Le fait d’avoir son smartphone à portée de main facilite la prise de vue au quotidien, mais pour certains, capturer ses instants de vie est devenu un véritable art. De Monsieur Tout-le-monde à Greg Schmigel, chacun s’en empare à sa façon : c’est ainsi que la photographie mobile a vu le jour pour devenir aujourd’hui un véritable phénomène. Cette tendance célèbre l’essor d’une nouvelle génération d’artistes numériques et l’arrivée dans l’ère de la photographie 3.0. Au milieu d’un tsunami de clichés amateurs saisis à la volée et postés sur les réseaux sociaux, émerge progressivement un véritable courant artistique audacieux et incroyablement créatif. Ce mouvement réinvente un nouveau langage photographique, il repousse les frontières entre l’amateurisme et le professionnalisme. Si bien que des réseaux comme Instagram ou flickr sont devenus des sortes de musées virtuels comme le prouvent les 95 millions de photos postées au quotidien. Mieux encore, de nombreux concours internationaux ou expositions voient le jour à travers le monde laissant la place à de nombreux nouveaux talents encore inconnu de la scène photographique.

Au-delà de ça, la photographie mobile a ouvert la voie à des startups afin de créer de nouvelles applications notamment dans le domaine de la retouche photo ou de l’impression comme la startup LALALAB qui, avec son app, permet en quelques clics de faire imprimer vos meilleurs clichés… Simple et accessible, ce genre d’application est idéal pour les cadeaux de dernière minute. Ce type d’applications a également permis une vraie résurrection des laboratoires photos qui étaient depuis quelques années dans une pente descendante…Il existe de nombreuses autres innovations digitales dans ce secteur, citons notamment la solution proposée par la startup new-yorkaise 8x10 qui permet aux instagrameurs de vendre leurs œuvres aux prix qu’ils souhaitent : une façon simple de gagner de l’argent en faisant ce que l’on aime.

Si la citation de Henri Cartier-Bresson disait vrai, alors nos 10 000 premières photos sont les pires… Aujourd’hui la photographie mobile a donné aux gens une occasion historique de dépasser les 10 001 photos… L’avenir de la photographie balance entre deux : doit-on considérer ce nouveau courant artistique comme le 8ème art ou comme une banalisation de l’image ? Rien n’est jamais sûr dans le domaine de la créativité.

 

Arnaud Meisch


Publié le 11 décembre 2018