Les 9 et 10 mai prochains, près d'une centaine d'experts présenteront les dernières tendances digitales lors d'ICT Spring. Bernard Michaux, Managing Partner chez Samsa Film reviendra sur l'utilisation et les enjeux de la réalité virtuelle dans le septième art.

Quels avantages, mais aussi quels inconvénients sont liés à l'utilisation de la réalité virtuelle à la fois pour la consommation et la production de films ? Car les casques restent généralement onéreux pour un consommateur lambda…

Est-ce que les cinémas traditionnels vont mettre en place des salles spécifiques liées à la VR ? Je ne crois pas. Il y a cent ans, le cinéma était un divertissement de foire entre guillemets, et la réalité virtuelle vit un peu la même chose actuellement, elle revêt plus du spectacle, les gens veulent avant tout essayer cette nouvelle technologie. En résumé, c'est souvent le medium, la VR, qui est le spectacle, et non pas le film. Je crois au contraire que l'on va avoir des salles de VR dans des enceintes de laser gaming par exemple. Pour l'instant, je ne vois pas ce qui peut attaquer les cinémas traditionnels. En plus les gens ne sont pas encore prêts à passer plus de vingt minutes avec un casque de réalité virtuelle. A l'heure actuelle, la VR est surtout utilisée pour vivre des expériences inédites et visionner des courts-métrages. En ce qui concerne les avantages, les spectateurs sont vraiment happés par l'action, ils sont vraiment dans la peau et dans les yeux de l'acteur. Paradoxalement, elle présente certains désavantages au niveau de la production et de la réalisation. On ne peut pas effectuer de montage, de close-up ou attirer le spectateur sur des détails. En plus la plupart des films en VR sont tournés en 120°+120°+120° en raison des contraintes techniques et matérielles, donc cela prend trois fois plus de temps pour créer un film.

 

En quelques sortes la réalité virtuelle oblige les réalisateurs à repenser leurs approches et leurs savoir-faire ?

Exactement, si on veut réaliser un film en VR, on doit tout réinventer. On ne dispose pas des moyens traditionnels du cinéma : le montage, la décision sur l'angle, l'optique de la caméra sont autant d'éléments ne peuvent plus être manipulés par le réalisateur. A terme, je pense que l'on aura deux types de réalisateurs : un pour la VR, un autre pour le cinéma traditionnel car c'est compliqué de maîtriser ces deux langages cinématographiques. Pour l'instant, celui-ci n'a toujours pas été inventé, tous les professionnels du cinéma sont encore en phase de test et d'essai. Ce travail à effectuer est le même que dans le cinéma traditionnel qui est, lui aussi, toujours en mouvement. De toute façon, la VR comme le cinéma traditionnel est toujours en mouvement et doit sans cesse se réinventer.

Ne manquez pas son intervention et inscrivez-vous dès aujourd'hui au sommet tech européen : www.ictspring.com

Vous pourrez retrouver la totalité de cette interview, en anglais, dans la prochaine édition de BEAST Magazine, disponible dès lundi prochain !